PMAD: C’est un bon pas en avant, mais il reste beaucoup de chemin à parcourir
Les élus de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) ont adopté ce matin le Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD). « C’est un bon pas en avant, mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir », résume Luc Rabouin, directeur général du Centre d’écologie urbaine de Montréal (CEUM).
Un moratoire de 20 ans sur le dézonage du territoire agricole
« Le PMAD propose de préserver le périmètre d’urbanisation actuel de la CMM jusqu’en 2031. Excellente nouvelle, c’est une des conditions essentielles pour freiner l’étalement urbain !», précise Luc Rabouin. « Nous devrons toutefois demeurer très vigilants sur l’application des critères d’exception ».
Densification insuffisante des milieux de vie
« Il est important de concentrer les nouveaux ménages autour des points d’accès du réseau de transport en commun (aires TOD). Par contre, avec l’objectif que 40% de ces nouveaux ménages s’installent dans les aires TOD, le PMAD ne fait que maintenir la situation actuelle », affirme Luc Rabouin. « Par ailleurs, les seuils minimaux de densité proposés partout sur le territoire de la CMM sont trop faibles pour réellement renverser la tendance à l’étalement urbain. »
Priorité modeste au transport en commun
« Le PMAD fixe, comme objectif, une augmentation réelle de 5% de la part modale des transports en commun d’ici 2021. Considérant que la hausse a été de 2% entre 2003 et 2008 et que l’achalandage a continué de croître depuis, cette cible est très peu ambitieuse », explique Luc Rabouin. En effet, la part modale du transport en commun était 25 % en 2008 (page 104 du PMAD) avec une hausse à 30%, l'augmentation réelle est de 5%.
Pour un réseau cyclable métropolitain
Luc Rabouin ajoute : « Nous saluons l’engagement de la CMM à développer un réseau cyclable métropolitain pour les déplacements utilitaires. Toutefois, seule l’identification de ce réseau est prévue au cours des 5 prochaines années ».
Encore les déplacements automobiles
Pour arriver à réduire de manière importante les déplacements automobiles, une autre condition incontournable est de cesser le développement du réseau autoroutier. « Nous sommes déçus de constater que la CMM considère toujours le réseau autoroutier métropolitain comme incomplet et que le PMAD intègre près d’une vingtaine de projets d’amélioration et de développement de ce réseau », souligne Luc Rabouin.
Une politique d’inclusion du logement social et abordable
Afin de répondre aux besoins criants de logements abordables et sociaux dans la région, nous souhaitions que la CMM adopte, via le PMAD, des cibles obligatoires d’inclusion de logements sociaux et abordables dans les nouveaux développements résidentiels majeurs. Le PMAD ne parle que de favoriser la construction d’une gamme diversifiée de logements en soutien à une mixité sociale dans les aires TOD par une planification détaillée de ces dernières. Pourtant, les récentes demandes de nouveaux pouvoirs du Maire de Montréal et président de la CMM au Gouvernement du Québec confirment les limites d’une approche volontaire.
Un plan d’action et des mécanismes de suivi rigoureux
Tous les engagements contenus dans le PMAD risquent de demeurer des vœux pieux sans une ferme volonté de les mettre en oeuvre et sans un suivi systématique et public de la progression des actions vers les cibles fixées. À cet effet, le CEUM accueille favorablement l’organisation à tous les deux d’une agora citoyenne, ainsi que la mise en place d’un comité conjoint élus/société civile.