Campagne sur la sécurité des piétons de la SAAQ : cessons de blâmer les victimes et protégeons les vulnérables !

Date de parution: 30 septembre 2013

Montréal, le 30 septembre 2013 - Le Centre d’écologie urbaine de Montréal trouve aberrante la campagne de publicité de la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ) qui, soi-disant, vise à sensibiliser à la sécurité des piétons. Lancée dans le métro de Montréal, donc à l’abri de la compréhension des automobilistes, cette campagne rate complètement la cible. Le bon sens voudrait d’une campagne qui informe de la vulnérabilité des piétons par rapport à l’automobiliste. Or, la SAAQ adopte un discours surréaliste et invite notamment les piétons à « redoubler de vigilance, à porter des vêtements aux couleurs claires ou avec des bandes réfléchissantes pour être bien visibles ».

« Marcher est une activité normale, naturelle pour aller faire ses courses, amener les enfants à l'école, se rendre au travail. Or, ce type de déplacement tient parfois du sport extrême », mentionne Julie Rocheleau, directrice générale du CEUM. « La marche doit devenir un mode de transport choisi plutôt qu’un mode subi. Pour nous, cela implique un nécessaire changement de discours avec des campagnes qui sensibilisent les bonnes personnes et renforcent les bons comportements et en tout premier lieu, le civisme vis-à-vis des piétons », ajoute-t-elle.

Pour le CEUM, une véritable campagne de sensibilisation visant la sécurité des piétons implique qu’ils soient considérés comme les usagers les plus vulnérables de la route et respectés comme tels. Il recommande à la SAAQ et au ministère des Transports du Québec de réfléchir à la sécurité routière en privilégiant celle des piétons, par :

l'introduction du principe de prudence (et du gros bon sens!) dans le Code de la sécurité routière: c'est désormais celui qui a la protection la plus efficace, le plus fort, qui a la responsabilité de faire attention à celui qui a la protection la plus faible; la mise en place d’infrastructures visant à séparer les piétons des autres usagers de la route (trottoirs, passages-piétons surélevés, passerelles, passages souterrains, refuges pour piétons et terre-pleins centraux);
  • réduire la vitesse des véhicules (ralentisseurs, bandes rugueuses et chicanes) et à améliorer l’éclairage de la chaussée;
  • la création de zones piétonnes dans les centres-villes avec des restrictions d’accès pour les véhicules;
  • l’amélioration de la conception des routes à forte circulation;
  • le respect de la réglementation qui stipule que nul ne peut immobiliser un véhiculer routier dans une intersection, sur un passage pour piétons clairement identifié et sur un passage à niveau à moins de 5 mètres de ceux-ci. Cette règlementation n’est pas appliquée ou rarement parce que des entorses sont tolérées des policiers;
  • le respect des lois existantes pour limiter la vitesse, la consommation d’alcool par les conducteurs, l’interdiction du téléphone portable au volant et d’autres pratiques qui détournent l’attention lors de la conduite et rendent les usagers autour plus vulnérables.

En cette période d’élections municipales, le CEUM tient à rappeler le maigre bilan du Plan de transport au chapitre de la sécurité des piétons. La Ville de Montréal, auteure de la Charte du piéton, devait sécuriser 50 intersections par année. Elle a réduit cet objectif et, selon le dernier bilan du Plan de transport, seulement 136 carrefours ont été sécurisés depuis 2007 sur les 250 qui auraient dû l’être, et a concentré ses actions sur les artères considérées dangereuses. « Encore ici, on n’agit pas en prévention. On agit en réaction, parce qu’il y eu des blessés, pas parce qu’on veut en éviter », déplore Mme Rocheleau. Pour le CEUM, qui travaille de concert avec les quartiers et arrondissements de Montréal depuis cinq ans, maintenir une ville active, en santé, attrayante et sécuritaire pour les familles et les aînés passe par des aménagements qui protègent les plus vulnérables, c’est-à-dire les piétons.

Infos :
Brigitte Geoffroy
Conseillère en communication
Centre d’écologie urbaine de Montréal
514 917-7144

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