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Lancement d'un nouvel outil de «Placemaking»

Publié par le dans Aménagement et urbanisme

Ce billet de blogue est une traduction d'un article publié par Project for Public Spaces.

Les fondateurs de Project for Public Spaces (PPS) Fred Kent et Kathy Madden ont donné une conférence lors du lancement du guide L’urbanisme participatif : aménager la ville avec et pour les citoyens en mai dernier. Ils étaient tous deux impressionnés par la publication : Fred la qualifiant «d’une ressource d’une valeur incroyable pour une communauté qui cherche à s’engager dans un processus de placemaking» , et il espère qu’elle «encouragera de plus en plus les villes à travers le Canada à se tourner vers un modèle d’engagement axé sur la place publique et la communauté».

PPS a eu le plaisir d’interviewer Alexandra Coelho, chargée de projet au CEUM, pour avoir un regard plus approfondi sur le contenu du guide. Voici les faits saillants de cet échange :

Qu'est-ce qui a inspiré le CEUM à concevoir ce guide?

Au Centre d’écologie urbaine de Montréal, nous avons travaillé pendant plusieurs années avec diverses communautés en utilisant l’urbanisme participatif pour créer des quartiers verts, actifs et en santé et des places publiques au Québec. Nous voulions compiler et partager ce que nous avons appris. Les outils et les trucs qui fonctionnent le mieux pour créer des villes avec et pour les citoyens. Nous avons fait ce guide pour tous ceux qui veulent réaliser un projet d’urbanisme en incluant les gens qui y vivent.

Dans les dernières années, nous avons aussi mis à profit l’expérience développée au Québec en adaptant le processus d’urbanisme participatif dans des communautés de différentes tailles au Canada.

Pourquoi l’urbanisme participatif est-il si important?

Une approche participative permet aux citoyens et aux professionnels de s’impliquer ensemble dans la transformation de l’espace public. C’est important de combiner les deux types de savoir, le savoir technique des professionnels autant que le savoir pratique des citoyens qui utilisent l’espace public et savent le mieux ce qui correspond à leurs besoins.

Une meilleure planification avec les citoyens donne de meilleurs quartiers et places publiques et pardessus tout, des communautés en santé. Aussi, l’urbanisme participatif soutient la citoyenneté active et la gouvernance démocratique, qui sont des facteurs essentiels à la ville durable.

Selon vous, quel est le facteur le plus important pour assurer que les citoyens aient une réelle influence dans le processus d’aménagement?

L’un des plus importants facteurs est d’inclure les citoyens dans le processus à partir du tout début. Il faut être ouvert à laisser le débat public modifier le plan initial. Notre approche permet aux citoyens d’avoir une voix aux différentes étapes d’un projet à travers des activités participatives.

Ça ne veut pas dire qu’il faut impliquer tout le monde dans chaque décision, le guide aide justement à identifier quelles parties prenantes devraient être incluses dans chaque étape.

Comment en êtes-vous arrivé à un processus en six phases de l’urbanisme participatif?

Bonne question. Au départ, le processus comptait moins de phases, mais à travers notre travail avec les communautés, nous en sommes arrivés à la conclusion que la création du partenariat local avec les parties prenantes pour définir le projet était une étape qui requérait une attention particulière. C’est une clé du succès du projet, alors nous avons décidé d’en faire une étape entière.

Nous avons aussi inclus une phase d’inauguration. C’est important de célébrer les changements positifs dans le quartier et de permettre aux citoyens de reconnaitre qu’ils ont eu un rôle dans cette transformation. Trop souvent, de grands projets sont complétés sans que personne n’en entende parler.

Mais le processus en six phases est flexible. Il peut s’adapter à l’échelle et au contexte particulier de chaque projet. Pour chaque phase, nous proposons des activités participatives, par exemple, une marche exploratoire nous permet d’identifier des enjeux hyperlocaux pour une intersection spécifique avec un petit groupe. Ou encore, un atelier de validation de scénarios permet à une audience plus large de prioriser des solutions d’aménagement. Finalement, un atelier de design peut donner aux populations qui sont habituellement exclues des discussions de planification avec des outils pour participer de manière substantielle. La transformation des villes ne peut pas être improvisée, ça requiert les bons outils et les bonnes intentions. Le guide peut aider à ce que cela se réalise.

Quels sont les items les plus importants que les lecteurs doivent retenir du guide?

Même si l’urbanisme participatif demande de changer la manière de faire de l’urbanisme, c’est une pratique qui donne à tous l’opportunité de devenir un agent de changement dans son milieu de vie. C’est ce que nous voulons, des villes à échelle humaine où les citoyens ont du pouvoir.

Alors que la plupart d’entre nous vivent en ville, un tournant stratégique est nécessaire pour concevoir des villes plus en accord avec l’écosystème urbain. Pour composer avec tous les défis imposés par le monde moderne, incluant les changements climatiques, nous devons travailler à bâtir des villes plus en santé, plus vertes et plus démocratiques. L’urbanisme participatif permet aux citoyens de déterminer comment ce virage se fera.

Y a-t-il  des exemples particulièrement inspirants que vous aimeriez mentionner?

Je vais vous donner un exemple très local. Nous avons travaillé avec des offices municipaux d’habitation dans la région de Montréal. Un des projets auquel nous avons participé était une grande cour, mais les enfants des résidents préféraient jouer dans le stationnement. La cour avait été arrangée selon un design moderne, mais il n’y avait pas d’ombre ni d’endroit pour se reposer, ce qui ne correspondait pas aux besoins des résidents. Nous avons travaillé avec eux pour créer une vision de leur milieu de vie, tenu un atelier de design, validé le scénario et construit le nouvel aménagement avec les résidents, incluant les enfants! Non seulement le projet a amélioré la qualité de l’environnement urbain en réduisant l’effet d’ilot de chaleur, mais il a aidé à développer un réseau d’entraide entre les résidents. Ce sont le genre d’impact dont nous sommes vraiment fiers.

 

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Invité jeudi, 14 décembre 2017

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