Montréal, 9 juillet 2014

La présente s'adresse à la Régie du bâtiment du Québec (RBQ) pour souligner l'importance des toits végétalisés comme stratégie de développement durable dans l'environnement bâti. Depuis des années, les organisations signataires de cette lettre - le Centre d'écologie urbaine de Montréal, le Conseil régional de l'environnement de Montréal, la Société québécoise de phytotechnologie et la Section du Québec du Conseil du bâtiment durable du Canada - travaillent de concert pour faire avancer la cause des toits végétalisés au Québec. Elles ont mis en œuvre plusieurs initiatives et s’entendent toutes sur les mêmes bienfaits offerts par les toits végétalisés.

Depuis 2004, le Centre d’écologie urbaine de Montréal (CEUM) s’est mis à étudier l’implantation des toits végétalisés au Québec. Nous avons commencé nos recherches avec la publication de « Toitures vertes à la montréalaise : rapport de recherche sur l'implantation des toits verts à Montréal » publiée en 2005. Dans la même année, nous avons réalisé notre projet pilote de toit végétalisé sur un duplex existant au centre-ville de Montréal. Le projet pilote a réuni une vingtaine de collaborateurs afin de partager des connaissances et d’assurer sa bonne réalisation. Parmi les collaborateurs, il y avait deux membres du Service de sécurité incendie de Montréal, un ingénieur en structure, des chercheurs du Conseil national de recherches du Canada, un représentant de la Ville de Montréal, des architectes paysagiste, des urbanistes, des représentants techniques de deux fournisseurs de systèmes de toits végétalisés, des agronomes, un entrepreneur général, un couvreur et des architectes. Après la réalisation du projet pilote, le Centre a publié Projet-pilote de toit vert : démarche d'une construction écologique également en 2005.

Par la suite, le Centre a co-publié avec le GRIP-UQÀM, Toitures végétales : implantation de toits verts en milieu institutionnel. Étude de cas : UQAM, en 2008. Après la récolte des données scientifiques du toit du projet pilote, le Centre a finalement publié Performance énergétique d’une toiture végétale au centre-ville de Montréal en 2011.

Du côté de la Société québécoise de phytotechnologie (SQP), les toits végétalisés font partie des phytotechnologies importantes à mettre en place en société. La SQP a organisé en 2012 un important colloque sur le sujet où se sont réunis différents experts nationaux et internationaux, chercheurs, professionnels, entrepreneurs, fournisseurs. Plusieurs produits et techniques ont été présentés et discutés. Il a été prouvé, entre autres, que les toits végétalisés sont un des outils les plus importants pour résoudre le problème de gestion des eaux pluviales en milieu urbain. Un bilan critique, mais réaliste, a été établi. Les principales embûches au développement de toits végétalisés ont été identifiées dont la réglementation. Plusieurs solutions ont été proposées afin de faire avancer davantage la création de toits végétalisés au Québec, notamment par l’action concertée des principaux acteurs du domaine. La SQP a produit en 2014 une fiche technique des toits végétalisés, qui constitue un véritable d’outil d’aide à la décision.

Le Conseil régional de l’environnement de Montréal (CRE-Montréal), pour qui le verdissement urbain est indispensable à une meilleure qualité de vie, considère que les toits végétalisés font partie de la solution, surtout dans un milieu densément bâti. L’organisme en fait tous les jours l’expérience puisque ses bureaux sont situés dans la Maison du développement durable (certification LEED Platine) qui bénéficie d’une toiture végétalisée accessible aux employés.

Pendant toutes ces années de recherche, de réalisations et de sensibilisation, personne n’a entendu parler d’une interdiction des toits végétalisés par le Code national du bâtiment. Effectivement, le code reste encore muet à ce sujet.

Collectivement, les toits végétalisés représentent une des solutions écologiques parmi tant d’autres. En résumé, voici quelques bénéfices des toitures végétalisées :

  • contrer l’effet d’îlot de chaleur urbain et les épisodes de smog (climatisation naturelle);
  • gérer les eaux de ruissellement;
  • prolonger la durée de vie des toitures;
  • accroître l’efficacité énergétique du bâtiment;
  • filtrer les polluants atmosphériques;
  • insonoriser et réduire les nuisances phoniques;
  • aider à la biodiversité;
  • agir comme espace récréatif supplémentaire;
  • rendre possible la pratique de l’agriculture urbaine;
  • créer un espace de valeur ajoutée au bâtiment.

En 2009, la Ville de Toronto a légiféré sur les toits végétalisés par une obligation de les aménager, avec un encadrement technique et des subventions pour les réaliser. Les règles du jeu ont été établies en toute transparence et depuis les concepteurs de toits végétalisés composent avec cet encadrement. En 2014, la Régie du bâtiment du Québec (RBQ) tient toujours le Québec dans un flou, sans communication claire, par rapport aux exigences de conception des toits végétalisés. Très peu d’architectes, par exemple, savent que les toits végétalisés ne sont pas « autorisés » par le Code national du bâtiment. La Ville de Montréal, ayant intérêt à promouvoir les toits végétalisés, a émis son propre encadrement en 2013-2014 pour les bâtiments exemptés (sous la juridiction de la Ville de Montréal).

D’après nos propres expériences, nous craignons que la Régie du bâtiment du Québec introduise une réglementation trop sévère et onéreuse pour l’acceptabilité des projets de toits végétalisés sur des nouvelles constructions ainsi que sur des bâtiments existants.

Il y a un cadre institutionnel du développement durable et développement d’une économie verte au Québec. Et celui-ci précise que les « principales voies d’actions empruntées pour favoriser la transition vers une économie verte sont, entre autres : « le renforcement et l’application de législations qui favorisent le développement de l’économie verte. » La santé du secteur des technologies propres dépend dans une très large mesure du cadre réglementaire et fiscal ainsi que des orientations des gouvernements. La Loi sur le développement durable est explicite en ce sens. Les effets d’une règlementation trop contraignante ne doivent pas être pris à la légère. L’économie verte créée des emplois d’avenir : 1 600 entreprises et organisations emploient plus de 32 000 travailleuses et travailleurs, ce qui place le Québec au 2e rang au pays pour le plus grand nombre d'entreprises et d'emplois dans ce secteur. Les concepteurs, fabricants et installateurs de toitures vertes font partie de cette industrie.

Le CEUM, le CRE-Montréal, la SQP, la Section du Québec du CBDCa et les autres organisations du secteur du verdissement et de la construction écologique souhaitent que la RBQ adopte une attitude ouverte et inclusive. Nous sommes en droit d’exiger d’être consultés par les responsables de la RBQ afin de participer à l’élaboration de solutions qui permettent d’assurer la pérennité de ces technologies vertes et d’avenir. Nous croyons que les experts de ce secteur sont les mieux placés pour appuyer ces recommandations.

Notre vision s’articule dans une plateforme plus complète qui est disponible sur les sites Internet des organismes signataires de cette lettre. Citoyens et organismes de la société civile, lisez‐la, commentez‐la, adhérez‐y et discutez‐en avec les candidats! Parce qu’à travers cette plateforme, ce sont tous les Montréalais et Montréalaises qui s’expriment sur les enjeux qui les préoccupent. Faites entendre votre voix!

Les signataires de cette lettre :

Owen Rose, architecte
Membre du CA, Centre d’écologie urbaine de Montréal
Membre du CA, Conseil régional de l’environnement de Montréal

Coralie Deny, directrice générale
Conseil régional de l’environnement de Montréal

Julie Rocheleau, directrice générale
Centre d’écologie urbaine de Montréal

Michel Rousseau, architecte paysagiste
Président du CA, Société québécoise de phytotechnologie

Louis-Philip Bolduc, ingénieur
Président du CA, Section du Québec du Conseil du bâtiment durable du Canada

Mercredi 21 mai dernier, lors du discours d’ouverture de la 41e législature, un segment de la déclaration du premier ministre Couillard a attiré notre attention : « Ce qui aurait été souhaitable il y a 15 ans, ce qui aurait été nécessaire il y a 10 ans, devient aujourd’hui une urgence ». Ce discours dépeint malheureusement la situation du financement des transports collectifs au Québec. L’importance d’agir pour réduire les impacts négatifs sur la santé des populations, sur l’environnement et sur l’économie du Québec a été maintes fois démontrée. Et maintes fois, les solutions ont été étudiées… pour être renvoyées aux calendes grecques. Nous vous écrivons aujourd’hui pour vous demander de régler, dans les plus brefs délais, le chantier du financement du transport collectif.

Le gouvernement du Québec a investi près de 6 milliards de dollars au cours des cinq dernières années pour construire de nouvelles autoroutes, tout en disant manquer d’argent pour les transports collectifs et les réfections urgentes du réseau routier. Nous croyons qu’il est urgent de rééquilibrer les investissements en transport et d’augmenter la faible part dédiée au transport collectif (17 %) dans le budget global du ministère des Transports, pour la réinvestir dans la mobilité durable.

La sonnette d’alarme a été récemment tirée en mai 2013 dans la Déclaration pour la mobilité durable, signée par des groupes de tous les horizons, auxquels s’est joint le Centre d’écologie urbaine de Montréal. À l’instar de la centaine d’organisations ayant signé cette déclaration, nous avons réclamé de rehausser d’au moins 1 milliard de dollars par an les investissements dans les infrastructures de transports collectifs et actifs, et de donner aux municipalités les moyens de développer les projets priorisés, à l’aide notamment du Chantier sur le financement annoncé en février dernier.

Le besoin de se réorienter vers la mobilité durable n’a jamais été aussi pressant. C’est pourquoi nous attirons votre attention sur quelques-unes des nombreuses raisons qui le justifient : :

Respect des engagements pour réduire les GES et faciliter le transfert modal.

  • Les transports représentent la plus importante source d'émissions de GES (43 %); le gouvernement du Québec s'est engagé à les réduire de 25 % d'ici 2020. À cet égard, nous pensons que le transport collectif fait partie de la solution.
  • La Capitale, la Métropole et toutes les grandes villes du Québec? se sont dotées d’objectifs ambitieux d’augmentation de la part modale du transport en commun, d’ici dix à vingt ans, et préconisent une diminution de l’usage de l’automobile.

Réduction des impacts sur la santé des populations : obésité, maladies respiratoires, etc.

  • La réduction de la pollution atmosphérique, des maladies cardio-respiratoires, du diabète et de l'obésité sont liées à l’utilisation du transport collectif et à la pratique du transport actif;
  • Les coûts sociaux associés à la pollution atmosphérique se chiffrent annuellement entre 30 et 349 milliards de dollars aux États-Unis.
  • À Montréal, annuellement, les décès prématurés reliés à la pollution sont estimés à 1 500.

Enrichissement collectif.

  • En 2003, les coûts engendrés par la congestion routière métropolitaine étaient estimés à plus de 1,4 milliards de dollars et ceux-ci ne cessent d’augmenter;
  • Le transport en commun génère un impact sur l’économie québécoise près de trois fois supérieur à celui du transport privé par automobile, lequel contribue à la dégradation de la balance commerciale du Québec;
  • Au cours des prochaines années, le réseau routier fera l’objet de nombreux travaux de réfection majeurs qui entraveront la circulation. Dans ce contexte, l’augmentation de l’offre en transport collectif apparaît comme une nécessité afin d’offrir une alternative valable au transport routier et d’assurer la mobilité des biens et des personnes;
  • Au cours des prochaines années, le réseau routier fera l’objet de nombreux travaux de réfection majeurs qui entraveront la circulation. Dans ce contexte, l’augmentation de l’offre en transport collectif apparaît comme une nécessité afin d’offrir une alternative valable au transport routier et d’assurer la mobilité des biens et des personnes;
  • Le transport représente l’un des plus importants postes de dépenses des ménages. Or, le transport en commun est près de trois fois moins coûteux que le transport privé par automobile;
  • Enfin, le transport en commun génère dix fois moins de coûts associés aux accidents que le transport par automobile.

En terminant, nous souhaitons vous rappeler un récent sondage réalisé par la firme CROP, dans lequel 88 % des Québécois affirmaient qu’il serait important que le gouvernement du Québec investisse davantage dans le transport en commun (TEC). De surcroît, entre 50 % et 53 % des répondants ont indiqué que leur opinion à l’égard du gouvernement du Québec s’améliorerait si celui-ci décidait d'investir davantage dans le TEC. Les Québécois et les Québécoises veulent des solutions d’avenir pour leurs déplacements. Nous souhaitons ardemment que votre gouvernement choisira d’investir dans cette voie.

Julie Rocheleau, directrice générale
Centre d’écologie urbaine de Montréal

Le 3 novembre prochain, nous avons un rendez‐vous collectif pour l’avenir de notre métropole. Ce sera l’occasion de réaliser le Montréal que nous voulons. Depuis un an déjà, plusieurs organisations de la société civile montréalaise ont décidé de se regrouper pour réfléchir ensemble aux défis actuels que pose le développement d’une métropole participative, inclusive, verte et accessible à tous. Ces réseaux regroupent des citoyens engagés dans la vie démocratique de leur ville et ce, dans plusieurs secteurs : en culture, en environnement, en développement social, en aménagement urbain, en habitation, en développement économique, etc.

Comme l’ensemble des Montréalais, nous sommes inquiets des impacts des révélations des derniers mois sur notre vie démocratique et le développement de Montréal. Cependant, nous avons à cœur notre Montréal et nous croyons que nous possédons collectivement les outils nécessaires afin d’influencer positivement le sort de nos concitoyens.

Nous souhaitons ardemment que les conditions de vie de toute la population, plus particulièrement celles des personnes les moins favorisées, s’améliorent. Nous souhaitons apporter notre contribution au débat public et nous avons franchi un premier pas en ce sens en élaborant, à partir de nos propres expériences, une vision commune du Montréal que nous voulons.

Voici quelques exemples de nos recommandations à l’attention des candidats à la mairie :

Habitation

Construire au moins 22 500 nouveaux logements sociaux au cours des cinq prochaines années et, pour cela, acheter et réserver des terrains et bâtiments pour de futurs projets d’habitation sociale ; rendre obligatoire la Stratégie d’inclusion de logements abordables ; accorder une attention particulière aux logements pour les familles, s’attaquer aux problèmes de salubrité.

Qualité de vie et services de proximité

Adopter des zonages dédiés, des règlements incitatifs et des programmes de soutien pour assurer l’accès aux services de proximité (des commerces essentiels, des centres de santé, des écoles et centres de la petite enfance, etc.) dans tous les quartiers.

Inclure les arts, la culture et le patrimoine comme éléments essentiels de la qualité du milieu de vie ; mettre en place des mesures comme la pérennisation d’ateliers d’artistes et le développement des quartiers culturels.

Emploi

Maintenir et développer des zones d’emploi fortes dans tous les arrondissements ; favoriser une mixité de fonctions urbaines et une cohabitation des usages.

Transport et mobilité

Augmenter la part des transports collectifs et actifs ; multiplier les voies réservées aux autobus sur les grands axes de circulation ; accélérer le déploiement du réseau cyclable et bonifier les aménagements pour piétons.

Cette vision, nous allons la promouvoir tant dans la consultation sur le Plan de développement de Montréal, qui débutera le 3 juin prochain, que dans le cadre de la campagne électorale qui s’amorce. « C’est ma ville, je vote ». Nous croyons que cet appel à la mobilisation, affiché sur le site Web d’Élection Montréal, se réalisera à la seule

condition que les candidats à la mairie nous montrent une réelle prise en compte des propositions de leurs concitoyens quant à l’avenir de leur ville. Pour avoir le Montréal que nous voulons, il faut que les équipes qui se présenteront à l’élection de novembre réagissent à ces recommandations, et c’est sous cet angle que nous évaluerons leurs programmes.

Notre vision s’articule dans une plateforme plus complète qui est disponible sur les sites Internet des organismes signataires de cette lettre. Citoyens et organismes de la société civile, lisez‐la, commentez‐la, adhérez‐y et discutez‐en avec les candidats! Parce qu’à travers cette plateforme, ce sont tous les Montréalais et Montréalaises qui s’expriment sur les enjeux qui les préoccupent. Faites entendre votre voix!

Les organisations signataires de cette lettre :

Yves Bellavance, Coalition montréalaise des Tables de quartier
Simon Brault, Culture Montréal
Danielle Casara, Conseil régional FTQ Montréal métropolitain
Marie‐José Corriveau, Front d’action populaire en réaménagement urbain
Coralie Deny, Conseil régional de l’environnement de Montréal Véronique De Sève, Conseil central du Montréal métropolitain ‐CSN Marie‐Josée Dupuis, Table de concertation des aînés de l’île de Montréal Michel, Lambert, Alternatives
Denis Leclerc, Réseau des CDEC de Montréal
Annie Rochette, Centre d’écologie urbaine de Montréal

Montréal, le 7 décembre 2012

Monsieur Michael Applebaum
Maire de Montréal
888, boulevard De Maisonneuve Est 5e étage
Montréal, (Québec) H2L 4S8

OBJET : Cinq propositions pour démocratiser la Ville et rétablir la légitimité des institutions politiques montréalaises

Monsieur,

Tout d’abord, nous souhaitons vous féliciter pour votre élection à titre de maire de Montréal. Nous nous permettons de partager avec vous quelques idées qui, à notre avis, permettraient de contribuer à revitaliser la démocratie montréalaise qui en a bien besoin. Comme vous l’avez vous-même reconnu, il est nécessaire de poser rapidement des gestes forts afin de faire face à la crise politique sans précédent qui affecte la Ville de Montréal. Nous saluons votre décision de mettre en place un comité exécutif de coalition et de diffuser publiquement ses réunions. Il s’agit d’un bon exemple illustrant votre volonté de faire les choses autrement. Nous nous permettons de croire que la grande majorité des élus montréalais seraient aussi favorables à l’adoption rapide des propositions suivantes :

  1. Mandater la Commission sur les finances et l’administration afin qu’elle conçoive et expérimente, avec le soutien de l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) et d’autres experts, une formule de budget participatif adaptée à Montréal dès le prochain exercice budgétaire. Déjà plus de 1400 villes dans le monde, dont New York, Chicago et plus de 300 villes en Europe, ont implanté ce dispositif recommandé par la Banque mondiale pour ses bénéfices en matière de transparence et de bonne utilisation des fonds publics.
  2. Soutenir la mise en place d’un programme de formation des citoyens sur les enjeux urbains et les instances démocratiques existantes ou inspirantes. Une démocratie en santé a besoin de citoyens informés et outillés pour qu’ils puissent comprendre les enjeux, intervenir dans le débat public et veiller à ce que les institutions démocratiques soient au service du bien commun.
  3. Demander au gouvernement du Québec d’enchâsser dans la Charte de la Ville de Montréal l’obligation de soumettre tous les grands projets urbains à une consultation menée en bonne et due forme par l’OCPM. Seul l’OCPM détient la crédibilité et l’indépendance nécessaires pour veiller à ce que tous les points de vue soient pris en compte dans les processus d’élaboration et d’acceptation des grands projets urbains à Montréal.
  4. Mandater le Chantier sur la démocratie d’élaborer une formule de scrutin proportionnel applicable lors des élections municipales de 2017. Diverses études ont été menées afin d’explorer les différentes avenues permettant d’inclure une forme de proportionnalité dans le système électoral municipal. Ces études doivent être diffusées et le débat public doit avoir lieu afin que la composition du conseil municipal soit davantage représentative des choix effectués par les citoyens lors des élections.
  5. Mettre en place un Observatoire de la démocratie. La crise de confiance des citoyens envers le système politique requiert de mettre en place un observatoire indépendant doté de ressources nécessaires pour évaluer l’évolution de la santé de la démocratie montréalaise et proposer des pistes d’amélioration continue au conseil municipal.

Pour plusieurs des propositions ci-dessus, la Ville pourrait s’entourer de partenaires financiers tels que le Ministère des Affaires municipales, des Régions et de l'Occupation du territoire (MAMROT), certaines institutions publiques et des fondations privées. Des organisations de la société civile ainsi que le milieu universitaire seraient très certainement intéressées à contribuer.

En espérant que ces quelques suggestions puissent vous inspirer à très court terme, nous demeurons disponibles pour en discuter davantage avec vous à votre convenance.


Laurence Bherer, Professeure, Département de Science Politique, Université de Montréal
Danielle Casara, Secrétaire générale, Conseil régional FTQ Montréal métropolitain
Ronald Cameron, Directeur général de l’Institut de coopération pour l’éducation des adultes

Véronique De Sève, 1re vice-présidente, Conseil central du Montréal métropolitain-CSN
Michel Lambert, Directeur général d’Alternatives
Paul Lewis, Professeur, Faculté d’aménagement, Université de Montréal
Nik Luka, Professeur, Écoles d’urbanisme et d’architecture, McGill University
Luc Rabouin, Directeur général sortant du Centre d’écologie urbaine de Montréal


C.c.

M. Richard Deschamps, chef d’Union Montréal
Mme Louise Harel, cheffe de Vision Montréal
M.Richard Bergeron, chef de Projet Montréal
M. Marvin Rotrand, leader du groupe des élus indépendants

Depuis 2011, le Centre d’écologie urbaine de Montréal (CEUM) et Vélo-Québec travaillent à la démarche avec les résidents dans le cadre du projet d’urbanisme participatif Quartier Vert Actif et en Santé Côte-des-Neiges—Notre-Dame-de-Grâce Sud-Est. Ceux-ci demandent depuis plusieurs années des modifications aux infrastructures pour tenir compte de leur réalité et celle des méga chantiers TURCOT et du CUSM. Il faut souligner que l’arrondissement de CDN—NDG compte parmi les 4 arrondissements de la ville de Montréal où l’on retrouve le plus de piétons et de cyclistes blessés en raison du nombre élevé de véhicules qui circulent dans le territoire et le peu de changements à l'aménagement des rues.

La situation du quartier était déjà très problématique. Les supers chantiers du CUSM et de Turcot aggravent les problèmes et rendent les interventions d'autant plus importantes et urgentes. Faudra-t-il attendre des accidents mortels avant de parler d’un aménagement plus sécuritaire et l’adoption de mesures pour sécuriser les déplacements des piétons et des cyclistes dans l’arrondissement?

Les intersections les plus problématiques sont également parmi les plus achalandées. Dans le quartier Notre-Dame-de-Grace Sud-Est, ces artères ne sont pas simplement des axes de transit, ce sont également des lieux de fréquentation, de résidence et d’importants axes de transport collectif. Cette condition devrait renforcer le besoin d’interventions physiques pour y sécuriser les déplacements des piétons et des cyclistes. Pour l’heure, le seul plan de mitigation prévu par le MTQ concerne les automobiles.

Pour permettre à ce quartier de mieux vivre ces années d’intenses travaux, le Centre d’écologie urbaine de Montréal et Vélo Québec proposent la mise en place de mesures simples, mais essentielles au maintien de la qualité de vie dans le quartier :

  1. aller plus loin que le simple « comité bon voisinage » qui sert à informer les citoyens plutôt que de profiter de leurs connaissances et recommandations en matière de qualité de vie dans le quartier, de sécurité des piétons et des cyclistes;
  2. inviter les organismes compétents en matière de transport actif pour contribuer à l’élaboration des solutions de transport actif;
  3. adopter des mesures concrètes pour réduire le nombre d'automobiles qui transitent dans le quartier;
  4. réduire la vitesse permise sur certaines rues avec des mesures physiques;
  5. sécuriser les intersections avec des feux de circulation pour piétons et réduire les distances de traverse;
  6. élargir les trottoirs aux abords des écoles qui ne sont plus suffisamment larges pour accueillir les élèves à l’entrée et à la sortie des classes;
  7. augmenter l'offre de transport en commun;
  8. sécuriser les pistes cyclables;
  9. intégrer au plan de mitigation du MTQ des mesures d’apaisement de la circulation dans le quartier pour adoucir l'effet Turcot accompagné des ressources nécessaires;
  10. prioriser la sécurité des familles et des aînés plutôt que de penser uniquement à la fluidité automobile.

Nous sommes en droit de craindre le pire pour le quartier avec des travaux qui dureront jusqu’en 2020. Nous déplorons que des mesures de mitigation soient prévues pour les voitures et que rien ne soit planifié pour sécuriser la vie dans le quartier. Le ministère des Transports du Québec a déjà fait preuve de plus sensibilité dans ses mesures de mitigation. Le décret pour la modernisation de la rue Notre-Dame prévoit des mesures d’apaisement de la circulation, alors que celles-ci sont apparemment absentes pour Turcot.

Nous nous interrogeons sur la résignation apparente de l’arrondissement de Côte-des-Neiges—Notre-Dame-de-Grâce et de la Ville de Montréal. Des mesures pour améliorer les déplacements actifs dans le quartier, qui répondaient notamment au Plan de transport de la Ville, avaient été annoncées en 2013 et nous souhaitons ardemment que les élus poursuivent sur cette voie.

Julie Rocheleau, directrice générale
Centre d’écologie urbaine de Montréal
Suzanne Lareau, directrice générale
Vélo Québec

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